Mort du jeune Thierno Djakwane à la carrière : le film de son assassinat, à bout portant, par les forces de sécurité (Exclusif)

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L’assassinat du jeune Thierno Djakwane Diallo, à la carrière, le mardi 06 février dernier suscite encore colère et frustration dans ce quartier. « C’est un innocent qui a été froidement abattu par les gendarmes, il faut que justice soit faite » a confié au site guineepanorama.com, la grande sœur de la victime qui, sous le choc, revient sur les circonstances de l’assassinat de son jeune frère. En exclusivité, le témoignage émouvant de Idy Diallo.

 

Ce qui s’est réellement passé 

« Dans la journée du mardi, mon jeune frère est venu tout joyeux, à la maison,  avec une enveloppe contenant une carte d’anniversaire pour nous informer qu’il a été fait parrain. Il a jeté le bonbon sur ma sœur et moi, ensuite, il a dit que celle qui mangera le bonbon devra mettre de l’argent dans l’enveloppe. Nous avons fait tout cela en rigolant. Dans la soirée, il est allé rejoindre ses amis du quartier qui faisaient du thé dans leur base habituelle, non loin de notre maison. C’est quelques heures après il y’a eu des tirs. Djakwane a dit  » vous avez entendu ? il y’a des coups de feu, quittons les lieux. » Ils se sont donc dispersés. Mon petit frère se dirigeait, en courant, vers notre cour, quand il a croisé la voiture des gendarmes. Il tentait de tirer le crochet du portail lorsqu’une première balle a été tirée dans sa direction. Sa main a été blessée, ayant vu cela, les gendarmes ont à nouveaux tiré, cette fois ci, sous son sein gauche, en plein cœur. Malgré tout, il s’est efforcé à ouvrir le portail, il a ensuite crié au secours. Quand ma mère l’a vu, elle pensait que c’était un AVC, c’est après que ma jeune sœur a vu le sang coulé, elle a crié en disant que Djikwane a reçu une balle. On l’a embarqué pour l’envoyer à l’hôpital Donka, les médecins nous ont dit qu’il n’y a pas de place, on l’a ensuite pris pour aller à Ignace deen, c’est en cours de route qu’il a rendu l’âme. » s’est ainsi confié, à nous, Idy Diallo, l’une des grandes soeur de la victime, en pleure.

De nouvelles violences, lors de l’inhumation

Poursuivant, elle est revenue sur les incidents qui ont aussi éclaté le jour de l’enterrement de son jeune frère au cimetière du quartier « carrière » dans la commune de Matam.

« Le jour de ses obsèques, nous n’avons même pas pu rencontrer nos parents venus pour nous saluer, à cause des nombreux tirs dans le quartier, les forces de l’ordre faisaient du n’importe quoi ici. Lors de l’enterrement, certains ont dit qu’on ne pouvait pas l’enterrer dans ce cimetière parce que les opposants (notamment Cellou Dalein Diallo, Sorya Bangougoura de l’UFDG et d’autres acteurs)  étaient venus assister aux obsèques. C’est finalement, l’intervention des sages du quartier qui a permis de l’enterrer. Il y’a ensuite eu de la bagarre, après l’enterrement, toujours au cimetière. » a poursuivit Idy Diallo.

La famille du défunt réclame justice

 Pour finir, notre interlocutrice a fait part de sa déception, suite à ce meurtre perpétré par les forces de sécurité, notamment, les gendarmes, elle invite la justice à jouer son rôle afin de retrouver les meurtriers.

« Mon petit frère ne faisait même pas de politique, il n’a jamais manifesté. Lors du dernier recensement, il n’avait pas l’age de voter. Tout ce qui le préoccupait c’était ses études, il en parlait tout le temps. Il étudiait le coran et faisait MIAGE à l’université Gamal, en licence 2. Il n’avait que 19 ans, tout le monde le connaissait au quartier, il n’avait aucun problème. Il faut que justice soit faite. » nous a confié Idy Diallo grande sœur de Thierno Djikwane Diallo, jeune étudiant tué par balle le mardi 06 février dernier à la carrière dans la commune de Matam.

Il faut rappeler que cet assassinat est survenu, deux jours après la tenue des élections locales dont les résultats ont été contestés par l’opposition qui crie à la fraude, plusieurs manifestations suivies de violences ont été enregistrées à Conakry et à l’intérieur du pays. Des victimes au nombre de 7, ont été enregistrées : 4 à Kalinko (Dinguiraye), 1 à Linsan ( Kindia), 1 à Kindia et 1 à Matam ( Conakry).

 

Entretien réalisé et décrypté par Antoine K.

Pour guineepanorama.com

 

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