Conakry : à qui profitent les bourses d’excellence du gouvernement guinéen ? ( enquête d’Afrimagrheb. com) .

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La République de Guinée, chaque année, dispose des bourses d’étude, fruit de sa coopération avec les pays amis. C’est notamment, le cas du Maroc et de la Russie qui permettent à de nombreux jeunes guinéens de poursuivre leurs études dans leurs institutions supérieures. Si ailleurs, ces bourses d’étude sont attribuées en fonction du principal critère du mérite, en Guinée, nous avons découvert une désorientation pure et simple.

L’Office Nationale des Bourses Extérieures (ONABE) rattachée à la Présidence de la République se mire dans une indescriptible corruption, le clientélisme et un impitoyable népotisme. Des bouNirses dites d’excellence de l’ONABE sont accordées à des étudiants qui ne font preuve d’aucun mérite ni au Baccalauréat, ni aux examens de sortie ou autres concours.

Selon une source près de l’ONABE à Conakry, « les Bourses d’Excellence profitent aux familles et amis des ministres. Il n’y a aucun concours qui détermine le niveau de certains bénéficiaires de ces bourses qui sont censées être attribuées à ceux qui se distinguent de par leur excellence lors d’examens nationaux. Quand un étudiant guinéen du Maroc, vous dit par exemple qu’il bénéficie de 500 dollars par mois comme bourse, dites-vous qu’il s’agit de la bourse d’excellence et cherchez à savoir comment il l’a acquise. Le circuit va de l’ONABE à la Présidence avec la complicité de plusieurs cadres. Nous ne pouvons rien y faire ».

Continuant, la même source a précisé : « la bourse de l’étudiant guinéen à l’étranger est dérisoire et d’ailleurs au pays, ici, c’est 100.000FG soit 10 dollars par étudiant chaque mois. Pour ceux de l’étranger, au Maroc, par exemple, l’étudiant a une bourse de 50 dollars par mois de la part de l’état guinéen, et l’Agence Marocaine de Coopération Internationale en ajoute un montant de 150 dollars bimensuellement payé. Le mal dans tout cela, est le fait que la bourse d’excellence, elle, bénéficie à des personnes que je n’appellerais pas médiocres, mais le meilleur qualificatif est qu’elles ne soient pas méritants au vu de ce que nos lauréats aux concours nationaux montrent »

Pour pousser loin notre enquête, la rédaction d’AfriMaghreb a joint le chargé des questions de bourses de l’Association des Etudiants et Stagiaires Guinéens au Maroc (ASEGUIM)Odia Mamady Kaba a déclaré : « ça a toujours été notre préoccupation, mais pour le moment je ne saurais vous satisfaire sur les conditions de vie de l’étudiant guinéen au Maroc ou la question des Bourses d’Excellence. Le moment venu, l’ASEGUIM vous tiendra au courant de tous les détails ».

Notre attention fut attirée à nous intéresser à l’organisation, résultat : un important communiqué  publié par le Bureau central de l’association ce 28 juin. Sur son mur Facebook, l’ASEGUIM écrit « Dans le cadre de sa mission pour l’amélioration des conditions de vie du boursier Guinéen au Maroc, la commission bourse en connivence avec toutes les instances de l’ASEGUIM Centrale ont formé une délégation pour aller interviewer les étudiants dans les différentes villes, leur tendre le micro pour montrer aux gens combien de fois les boursiers Guinéens souffrent au Maroc. »

Au Maroc, les étudiants guinéens sont parmi les plus souffrants comme le confirme ce communiqué. Leurs frères du Gabon, de la Guinée Equatoriale ou de la Zambie font le double, le triple voir le quintuple de leurs misérables bourses payées trimestriellement. Il faut enfin noter ce message de l’ASEGUIM qui parait une alerte, tombe à un moment où la Guinée est asphyxiée par des crises sociopolitiques et économiques. Dossier à suivre…

Cheick, AfriMaghreb

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