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Depuis quelques jours la ville de kankan connait des manifestations dues au manque du courant électrique. Des délestages intempestifs ont poussé des jeunes à descendre dans les rues pour exprimer leur colère, ce qui a donné lieu à des violences qui ont abouti à des actes de pillages, des destructions d’édifices privés, des arrestations et des blessés.

La rédaction du site guineepanorama.com a pu recueillir des informations pour mieux comprendre ce qui se passe. Lisez ci-dessous les résultats de notre enquête :

Anciennement, Kankan dispose de 8 groupes électrogènes d’une capacité de 7,3 MégaWatt qui ont fait plusieurs années et qui sont complètement épuisés. Avant fin 2019 EDG avait lancé un appel d’offre pour l’achat de groupes électrogènes. 4 groupes de 0,9 Mégawatt chacun soit des groupes d’une capacité de 3,6 MégaWatt, au total, ont été livrés et acheminés dans la région du Nabaya. Au mois de décembre 2019, le président de la République a offert à la ville de kankan 10 autres groupes en provenance d’Abu Dabi aux Emirats. Ces groupes d’une capacité de 10 Mégawatt, au total, soit 1 mégawatt chacun, sont arrivés à kankan sans avoir été installés.

Selon nos informations avant l’arrivée de l’actuel Directeur général d’EDG, le ministère de l’énergie avait tenté de procéder à l’installation des 4 premiers groupes qui sont français. La société désignée pour procéder à la mise en service aurait demandé la somme de 7 milliards de francs guinéens. EDG s’était engagée à payer 30 pourcent de ce montant, pour un départ, avant de se rétracter. Electricité de Guinée étant gérée par un intérimaire, à l’époque, la procédure n’a pas évolué.

Avec l’arrivée d’un nouveau directeur , , à la tête d’EDG, un nouvel appel d’offre sera lancé pour la mise en service, cette fois, des 10 groupes offerts par le chef de l’Etat. L’opération, encore une fois va connaitre un échec à cause de l’exorbitance des montants demandés par les nouvelles sociétés recrutées par le ministère de l’énergie. 50 milliards et 60 milliards de francs guinéens, ce sont les montants qui ont été exigés par ces sociétés, nous apprend-on. Une offre à laquelle Matty Bangoura aurait refusé d’accéder.

Ce sont finalement des techniciens d’électricité de Guinée qui ont été mis à contribution pour installer ces nouveaux groupes. Sans communiqué, au préalable, ils ont procédé à la substitution de 4 groupes sur les 8 anciens existants. Ils ont été remplacés par les 4 groupes français de marque Baudoin. L’opération a provoqué des délestages, dans la ville de Kankan. La population qui n’y comprenait rien a fini par se faire entendre, à travers des manifestations de rue.

La pression de la rue a permis l’accélération des travaux et aux dernières nouvelles, les premiers essais sont concluants pour quelques groupes. Selon nos sources, la mise en marche de ces groupes (4 au total) se fera au plus tard le Samedi 4 juillet pour la satisfaction de la population. Le rajout de ces 4 groupes donnera un total de 6,7 Mégawatt pour tous les 8 engins thermiques. Parallèlement à cette opération qui est en voie de finition, d’autres travaux ont lieu pour la mise en service de 4 autres groupes sur les 10 du président. Depuis deux semaines, le bétonnage aurait été fait, il ne reste plus que la mécanique. A partir du 20 juillet prochain, ces autres groupes seront lancés pour compléter à 12 groupes électrogènes soit une capacité de 10, 7 Mégawatt qui seront servis à la population, aux dires de nos informateurs.

Le manque d’anticipation et le silence coupable du ministère de l’énergie et de la société EDG ?

EDG, depuis tout le temps, se claquemure dans un silence monacal, refusant toute intervention dans la presse. La société n’a pas de porte-parole sur qui la presse peut se rabattre en cas de problème. Le seul point focal des journalistes, voir des citoyens, en cas de crise d’électricité, c’est le département de la communication qui, à son tour, ne peut agir sans l’autorisation de sa hiérarchie.  Pourtant, la crise de Kankan aurait pu être évitée si la population avait été mise au courant dès le départ des travaux entrepris pour le remplacement des différents groupes électrogènes. La population ne dispose d’aucune information officielle, d’où d’ailleurs la colère exacerbée des jeunes manifestants.

Une réunion d’urgence a eu lieu, ce mardi au ministère de l’énergie, autour de la nouvelle ministre. Une fois encore, la presse n’a eu droit à aucune explication. EDG a donc choisi, l’option d’une gestion discrète de la crise qui prend une ampleur inquiétante.

Ne dit-on pas souvent que le manque de communication crée la confusion, il engendre plus de problème.

 

Fous de la Rédaction

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